
En mission de suivi-évaluation de la campagne agricole 2025-2026 dans la province du Haut-Uélé, la délégation du Ministère national de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire a dressé un constat amer : le Centre d’Appui à la Production et à la Sécurité Alimentaire (CAPSA) du Haut-Uélé, situé à une dizaine de kilomètres d’Isiro, en territoire de Rungu, présente des signes avancés d’abandon et de spoliation.
Dépêchés sur instruction du Ministre d’État, Muhindo Nzangi Butondo, dans le cadre de la vision du Président Félix Tshisekedi, les experts ont procédé à l’évaluation technique des infrastructures et des équipements du site.
Des infrastructures dégradées et un patrimoine menacé
Sur place, la mission a relevé la dégradation de plusieurs bâtiments, l’arrêt quasi total des activités de production ainsi que l’occupation irrégulière de certaines parties du domaine. Des équipements agricoles seraient hors d’usage, tandis que des portions du site auraient fait l’objet d’actes de spoliation.
Ce tableau contraste avec les ambitions assignées au CAPSA, conçu comme un levier stratégique pour renforcer la production agricole locale, encadrer les producteurs et contribuer à la sécurité alimentaire dans la province du Haut-Uélé.

Une alerte pour la relance de la campagne 2025-2026
Les experts estiment que la situation actuelle compromet l’atteinte des objectifs de la campagne agricole 2025-2026 si des mesures correctives urgentes ne sont pas prises. Ils recommandent notamment la sécurisation foncière du site, la réhabilitation des infrastructures prioritaires et la redynamisation de l’encadrement technique.
La mission s’inscrit dans la dynamique de réforme agricole prônée par le Gouvernement, visant à faire de l’agriculture un pilier de diversification économique et de création d’emplois en milieu rural.
Restaurer l’autorité de l’État et la vocation productive
Au-delà du simple constat, cette mission met en lumière la nécessité de restaurer l’autorité de l’État sur les infrastructures agricoles publiques et de protéger le patrimoine productif national contre toute forme d’occupation illégale.
Le cas du CAPSA du Haut-Uélé apparaît ainsi comme un test pour la crédibilité des politiques agricoles en cours : la réussite de la « revanche du sol sur le sous-sol » dépendra non seulement des investissements annoncés, mais surtout de la capacité à préserver, réhabiliter et rentabiliser les outils existants au service des producteurs et des communautés locales.
Gloire Vyavu

Chaque fois que je tombe sur des publications concernant l’agriculture, cela capte immédiatement mon attention en tant qu’agriculteur passionné de la province du Haut-Uele. Cependant, je me demande souvent si nous comprenons réellement la valeur de l’agriculture dans la réduction de la dépendance aux importations et la baisse du coût de la vie.
De nombreux grands projets agricoles sont lancés dans la province sans tenir compte des agriculteurs existants qui connaissent déjà les réalités et les défis du métier. Dans bien des cas, les financements sont accordés à des personnes ayant peu ou pas de connaissances pratiques en agriculture.
À mon avis, l’accent devrait être mis sur l’identification des agriculteurs sérieux et engagés à travers la province et ses territoires, la compréhension de leurs difficultés et le soutien nécessaire pour les aider à les surmonter. Pour que l’agriculture crée une réelle valeur ajoutée, il est essentiel de placer les bonnes personnes aux bons postes. L’agriculture repose davantage sur la pratique que sur la théorie.
De la part de Passion Agro Farm Management
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