
La société minière Kibali Gold Mine (KGM) a annoncé, mercredi 6 mars 2026, l’entrée en vigueur d’un moratoire dans certaines zones de la cité minière de Durba, en territoire de Watsa. La décision vise à empêcher toute nouvelle occupation dans les périmètres destinés à l’extension des activités minières.
À l’issue d’une réunion élargie présidée par l’administrateur du territoire de Watsa, Magay Missa Dieudonné, les autorités locales ont appelé la population au strict respect de cette mesure qui découle de deux arrêtés provinciaux signés le 24 février 2026.
Le moratoire concerne principalement les zones d’extension des projets Agbarabo Rhino Kongbokoro (ARK) et Gorumbwa Extension, identifiées par la société minière pour l’élargissement de ses opérations.
Selon la brochure d’information publiée par l’entreprise, plusieurs activités sont désormais formellement interdites dans ces périmètres.Il s’agit notamment de l’installation de nouveaux ménages, de la construction d’habitations, d’écoles ou de centres de santé, de l’extension des bâtiments existants ainsi que de la vente, la location ou la cession de parcelles.
La mesure interdit également l’inhumation dans les cimetières appelés à être désaffectés, l’ouverture de nouveaux champs ainsi que la plantation de cultures pérennes.
Pour matérialiser ces zones d’exclusion, KGM annonce la mise en place de balises, de rubans de signalisation et de panneaux d’avertissement. Un dispositif de surveillance sera également déployé afin de prévenir toute installation opportuniste.
Toutefois, les ménages déjà installés dans ces zones pourront continuer certaines activités de subsistance.
Ils restent autorisés à réparer leurs infrastructures existantes et à cultiver des cultures saisonnières telles que le riz, le maïs, les haricots, l’arachide, le manioc ou le taro. Les cultures maraîchères notamment tomates, concombres, choux, aubergines et épinards demeurent également permises, tout comme la récolte des fruits provenant des arbres déjà plantés.
Dans la foulée, un recensement systématique des biens et des occupants sera lancé.
L’opération comprendra un balayage par drone pour cartographier les habitations, champs, arbres et étangs, ainsi que des enquêtes foncières, patrimoniales et socio-économiques sur le terrain. Un inventaire spécifique des tombes présentes dans les zones concernées est également prévu.
Concernant les compensations, l’entreprise précise que seules les cultures pérennes et les arbres économiques qui ne pourront pas être récoltés avant un éventuel déplacement feront l’objet d’une indemnisation. Les cultures saisonnières, elles, ne seront pas compensées.
Il faut noter que ce nouveau moratoire illustre la pression croissante entre l’expansion des activités minières industrielles et l’occupation progressive des terres par les populations locales.À Durba, l’efficacité de la mesure dépendra autant du respect des interdictions que de la transparence du processus de recensement et d’indemnisation, un enjeu sensible dans une région où l’exploitation aurifère reste au cœur de l’économie locale.
Gloire Vyavu depuis Durba
