
Watsa sous pression face à la menace ADF
La dégradation de la situation sécuritaire dans le sud du territoire de Watsa, dans la province du Haut-Uele, suscite de vives inquiétudes. Lors d’une motion d’information présentée à l’Assemblée nationale, le député national a alerté sur les incursions répétées des combattants ADF/NALU et leurs conséquences humanitaires dramatiques sur les populations locales.
Selon l’élu, les premières infiltrations du groupe armé ont été signalées en janvier 2026 avant une aggravation notable dès le mois d’avril, marquée par l’arrivée massive de déplacés fuyant les violences perpétrées dans le territoire voisin de Mambasa, en Ituri. Affiliés à l’organisation terroriste État islamique, les ADF poursuivent leur expansion vers de nouvelles zones, semant la peur et provoquant des déplacements de population sans précédent dans la région.
Plusieurs entités territoriales décentralisées sont directement touchées, notamment les chefferies d’Andobi, d’Ateru et de Kebo. Des villages situés sur l’axe Dingbo ainsi que les localités de Nepoko, Andundu, Angbalayi, Apodo, Sokopa et Mungbere figurent parmi les plus affectés.
Face à cette menace, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ont renforcé leur présence dans le sud de Watsa. Une récente tentative d’incursion des rebelles dans le village de Sukamboka, situé dans la chefferie de Kebo, a été repoussée grâce à l’intervention de l’armée. Cette mobilisation militaire vise à sécuriser les populations et à préserver l’intégrité territoriale.
Sur le plan humanitaire, la situation demeure préoccupante. Plus de 30 000 personnes déplacées sont actuellement recensées dans les différentes zones d’accueil, notamment à Moku, Wanga, Dubele, Durba et Watsa. Parmi elles figurent plus de 500 élèves dont la scolarité a été interrompue par la crise. Les déplacés vivent dans des conditions difficiles, confrontés à un manque criant de nourriture, d’eau potable, de médicaments, d’abris et d’articles de première nécessité.
Dans sa motion, le député Jean-Marc Mambidi Koloboro a recommandé au Gouvernement de prendre des mesures urgentes, notamment l’envoi d’une mission parlementaire d’évaluation, le renforcement des moyens logistiques des forces de sécurité et la mise en œuvre rapide d’une assistance humanitaire adaptée aux besoins des populations affectées.
Au-delà de l’urgence sécuritaire, la crise qui frappe le sud de Watsa met en évidence la nécessité d’une réponse coordonnée entre les autorités nationales, les forces de défense et les acteurs humanitaires.
Si les opérations militaires constituent une première réponse indispensable, elles devront être accompagnées d’actions durables en faveur des déplacés afin d’éviter que cette crise ne se transforme en catastrophe humanitaire de plus grande ampleur dans le Haut-Uele.
Gloire Vyavu
