
Le Ministre d’État, Ministre de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire, Son Excellence MUHINDO NZANGI Butondo, a procédé ce mardi 02 juin à Fleuve Congo Hotel, à l’ouverture de l’Atelier national sur l’inclusion financière et la promotion des investissements dans le secteur agricole, une rencontre stratégique organisée par le Ministère de l’Agriculture avec l’appui de la Primature de la République.
Réunissant autour d’une même table les producteurs agricoles, les banques, les coopératives, les microfinance, les compagnies d’assurance, les investisseurs, les partenaires techniques et financiers ainsi que des personnalités publiques, cet atelier vise à identifier des solutions concrètes pour lever les obstacles qui freinent encore le financement de l’agriculture congolaise.
Avant le lancement officiel des travaux, plusieurs panelistes ont posé les bases de la réflexion autour d’une question centrale : « Comment financer efficacement le secteur agricole en République démocratique du Congo ? »
Les échanges ont porté notamment sur les innovations agricoles, la digitalisation des services financiers, les expériences des producteurs à l’instar d’un des filières café-cacao ainsi que celles des gestionnaires des projets de production vivrière. Ces témoignages ont permis de mettre en lumière les défis quotidiens auxquels sont confrontés les acteurs agricoles dans l’accès aux financements.
La Banque Centrale du Congo a été représentée a cet atelier par sa Directrice Générale Adjointe, envoyée du Gouverneur de la Banque Centrale, tandis que plusieurs conseillers de la Primature ont également pris part aux travaux, témoignant de l’importance accordée par les institutions nationales à la transformation du secteur agricole.
Dans son allocution d’ouverture, le Ministre d’État MUHINDO NZANGI Butondo a rappelé que malgré l’existence des crédits agricoles, ceux-ci profitent encore insuffisamment aux producteurs. Selon les données évoquées au cours de la rencontre, environ 19 % des crédits accordés concernent le secteur agricole, mais une grande partie bénéficie davantage aux services connexes et aux exportateurs qu’aux producteurs eux-mêmes.
Pour le patron de l’Agriculture congolaise, cette situation impose la mise en place de nouveaux mécanismes de financement adaptés aux réalités du pays.
« Nous ne pouvons pas développer notre agriculture si nous ne disposons pas nous-mêmes de produits financiers adaptés à nos réalités », a-t-il déclaré.
S’inscrivant dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, visant à faire triompher la revanche du sol sur le sous-sol, le Ministre d’État a plaidé pour une agriculture capable de devenir la véritable locomotive de l’économie nationale.
Parmi les résultats attendus de cet atelier figurent notamment l’amélioration de l’accès au financement agricole, la mise en place de produits financiers adaptés aux producteurs, le développement de mécanismes d’assurance agricole tenant compte des réalités congolaises, ainsi que la promotion des investissements agricoles et des infrastructures rurales.
Le Ministre d’État a également annoncé la volonté de son ministère de mettre en place un Guichet Unique Agricole, destiné à accompagner les investisseurs dans leurs démarches administratives, foncières et fiscales, tout en réduisant les tracasseries qui découragent souvent les initiatives dans le secteur.
Les débats ont également permis d’aborder la problématique de l’inclusion financière qui peine encore à décoller en RDC. Plusieurs intervenants se sont interrogés sur la pertinence d’un modèle de banque agricole capable de répondre efficacement aux besoins des producteurs.
À ce sujet, des panelistes ont souligné que le défi n’est pas seulement financier mais également lié à la gouvernance. Des exemples tirés d’Asie et d’Amérique latine ont démontré que l’implication stratégique de l’État peut favoriser le succès des mécanismes de financement agricole.
« Nous n’avons pas nécessairement besoin d’aller chercher l’argent ailleurs. Le Congo est un géant endormi qui dispose d’énormes potentialités », ont soutenu plusieurs intervenants au cours des échanges.
À travers cette initiative, le Ministère de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire confirme sa volonté de fédérer l’ensemble des acteurs autour d’une même ambition : construire un système financier inclusif capable d’accompagner durablement la modernisation de l’agriculture congolaise et de renforcer la sécurité alimentaire nationale.
Avec la Cellule de Communication
