
Le Parc national des Virunga, joyau de la biodiversité mondiale, a enregistré au moins huit naissances de gorilles de montagne depuis le début de l’année 2025, un événement porteur d’espoir pour la conservation de cette espèce emblématique et menacée. L’annonce a été faite par Bienvenu Bwende, chargé de communication du Parc, lors d’un point de presse tenu le jeudi 5 février à Beni, à l’initiative de l’UNPC Nord-Kivu en collaboration avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN).
Cette progression démographique des gorilles témoigne des efforts soutenus déployés par les autorités de conservation, notamment la surveillance écologique, la protection des habitats et le travail de proximité avec certaines communautés riveraines. Toutefois, cette avancée encourageante contraste avec les défis persistants liés à la pression humaine sur les écosystèmes protégés.
À ce sujet, Bienvenu Bwende est revenu sur les tensions récentes dans la zone de Mayangose, où des cultivateurs se sont opposés à des éco-gardes du Parc. Ces frictions sont principalement liées à l’exploitation illégale des ressources naturelles. Selon les services spécialisés, au moins 60 camions de braises et de planches ont été saisis à l’intérieur du Parc, illustrant l’ampleur des activités illicites qui menacent l’intégrité du site.
Face à cette situation, l’ICCN a assuré que les services de sécurité sont déjà mobilisés pour traquer les contrevenants et renforcer l’autorité de l’État dans les zones protégées, tout en privilégiant une approche responsable et respectueuse des populations locales.
Entre bonnes nouvelles écologiques et tensions socio-environnementales, le Parc national des Virunga se trouve à la croisée des chemins. Les naissances de gorilles rappellent que la conservation porte ses fruits lorsque les efforts sont maintenus, mais la persistance des exploitations illégales souligne l’urgence de concilier protection de la nature, sécurité et développement communautaire durable. Sans cet équilibre, les avancées enregistrées risquent de rester fragiles face aux pressions croissantes sur l’un des patrimoines naturels les plus précieux d’Afrique.
La redaction
