
Bandundu, 24 mars 2026 | En marge de la 13ᵉ Conférence des gouverneurs, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a présenté la vision du gouvernement pour renforcer la souveraineté alimentaire en République démocratique du Congo.
Intervenant lors du briefing presse organisé à Bandundu par le ministère de la Communication et des Médias, le ministre a insisté sur le rôle central du monde rural, dominé par l’agriculture au sens large, incluant la production végétale, l’élevage ainsi que les activités halieutiques.
Pour le ministre, la sécurité alimentaire ne peut plus se limiter à la production végétale.
« Il faut également intégrer la production des protéines animales, notamment à travers la pêche et l’aquaculture », a-t-il souligné.
À ce titre, la pisciculture connaît un essor remarquable dans plusieurs villes du pays, notamment à Goma, Bukavu et Kinshasa, où des fermes aquacoles contribuent déjà à l’approvisionnement des populations en poisson.
Le Kwilu, grenier stratégique de Kinshasa
Le ministre d’État a mis en avant le rôle stratégique de la province du Kwilu, aux côtés du Kongo Central et du Maï-Ndombe, dans l’approvisionnement de la ville de Kinshasa en denrées alimentaires.
À travers des missions de terrain menées récemment dans les territoires de Bagata, Bulungu, Gungu ou encore Masimanimba, le gouvernement entend relancer durablement la production agricole dans cette région.
« Si nous voulons mettre fin aux importations alimentaires à Kinshasa, nous devons renforcer les capacités de production dans ces provinces », a-t-il affirmé.
Le principal obstacle reste l’état des infrastructures routières, notamment la RN1. Toutefois, le Kwilu dispose d’un atout majeur: un vaste réseau de voies navigables.
La rivière Kwilu et ses affluents, tels que Piopio et Luange, offrent des possibilités de transport des produits agricoles vers les grands centres urbains.
Le gouvernement mise ainsi sur la promotion des voies navigables de desserte agricole pour désenclaver les zones de production.
Le Kwilu se distingue également par la présence de grands projets agro-industriels.
À une quinzaine de kilomètres de Bandundu, un domaine agricole de 42 000 hectares développe la production de maïs et de manioc à grande échelle, avec des infrastructures modernes, dont des ports pour faciliter l’évacuation.
Par ailleurs, la province abrite à Vanga la plus grande usine de production d’huile de palme du pays, entièrement portée par des capitaux congolais et soutenue par l’État. Cette unité produit également du savon, des biocarburants et divers dérivés.
Dans le cadre de la promotion des cultures pérennes, le gouvernement a lancé un programme de pépinières, avec 50 000 plants de palmiers par territoire, afin de soutenir l’approvisionnement des industries locales.
Autre innovation majeure : la transformation du manioc en éthanol. Une usine implantée près de Kikwit valorise les surplus de production pour fabriquer du biocarburant, un modèle appelé à être reproduit dans d’autres provinces.
À travers ces initiatives, le gouvernement entend bâtir un modèle agricole intégré, combinant production, transformation et logistique.
Le Kwilu apparaît ainsi comme une province pilote dans la stratégie nationale visant à :
• réduire les importations alimentaires,
• renforcer les économies locales,
• et garantir une sécurité alimentaire durable pour la population congolaise.
La Cloche RDC avec la CellComm
