
Alors que les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu demeurent confrontées à l’épidémie de la maladie à virus Ebola, l’heure n’est plus aux discours, mais à l’action. De partout s’élèvent des voix pour appeler la population à la discipline et au respect strict des mesures barrières, seule parade efficace face à une maladie qui ne connaît ni âge, ni rang social.
Préoccupé par la santé de ses frères et sœurs, le notable Teddy Kataliko, fils d’Oïcha, lance un appel vibrant à la conscience collective. « Face à la menace persistante d’Ebola, la vigilance doit être notre premier rempart », affirme-t-il. Pour lui, chaque habitant d’Oïcha, de Beni et de toute la région est un soldat de la prévention. La Mairie d’Oïcha, aux côtés des services sanitaires, ne cesse de rappeler les gestes qui sauvent. Il nous appartient de les écouter et de les appliquer avec rigueur.
Le notable Teddy Kataliko insiste sur l’hygiène comme bouclier de première ligne. Se laver régulièrement les mains à l’eau propre courante et au savon, laver et cuire intégralement les aliments, les couvrir et les consommer encore chauds : voilà des habitudes simples qui ferment la porte au virus. « La saleté ouvre la porte à Ebola, la propreté la ferme », martèle-t-il.
Il appelle ensuite à briser le silence. Parlons d’Ebola à nos voisins, au marché, à l’église, à la mosquée, dans nos familles. Une communauté informée est une communauté qui résiste. Les rumeurs et la peur, dit-il, tuent plus vite que le virus lui-même.
Sur l’alerte, le notable Teddy Kataliko est sans détour : dès l’apparition d’une fièvre, de maux de tête, de douleurs musculaires, de diarrhée, de vomissements ou de saignements, il faut courir vers le centre de santé le plus proche. Se cacher, c’est se condamner. Se signaler, c’est résister et s’offrir une chance de survie.
Il exhorte surtout à une discipline de survie dans le contact humain. Ne touchons jamais une personne malade ou un corps sans vie. Ne manipulons pas les habits, draps, assiettes ou tout autre effet personnel d’un malade. Et surtout, fuyons tout contact avec les sécrétions corporelles : sang, urine, selles, sueur, vomissures, salive, larmes, sperme, sécrétions vaginales. « Ces fluides sont les routes empruntées par le virus », met en garde le notable Teddy Kataliko.
Sa voix se fait ferme sur la faune et nos habitudes alimentaires. Ne touchons ni ne consommons un animal malade ou retrouvé mort en forêt. Bannissons de nos assiettes les fruits et tubercules entamés par les chauves-souris ou rongés par les rats, réservoirs connus d’Ebola. La forêt a ses lois ; les violer, c’est inviter la mort.
Enfin, le notable Teddy Kataliko lance un appel à la résistance contre nos propres habitudes. En cette période d’alerte, il faut décourager fermement les accolades et les poignées de main, aussi chaleureuses soient-elles. Résistons à cette pratique. Un signe de tête, un sourire sincère suffisent à exprimer notre fraternité sans exposer nos vies. La résistance, rappelle Teddy Kataliko, commence dans nos gestes de chaque jour.
Ebola ne frappe pas par fatalité, mais par négligence. « En changeant nos comportements, nous changeons le destin de notre ville », conclut le notable Teddy Kataliko. Protégeons Oïcha. Protégeons Beni. Restons vigilants, unis et responsables.Teddy Kataliko,Notable de la Ville d’Oïcha
Moise Madusu
