
Le jeune cycliste congolais, parti de Goma pour rejoindre Rabat à vélo dans le cadre de « Pedals for Peace », est décédé dans un accident de circulation au nord du Congo-Brazzaville. Son décès, d’abord entouré de confusion, est désormais confirmé.
Mauvaise nouvelle à OUESSO ce 19 septembre 2026
La nouvelle que beaucoup refusaient encore de croire est désormais confirmée : Miguel Masaïsaï Mumbere est décédé.
Le jeune cycliste congolais a perdu la vie vendredi 18 septembre 2026 dans un accident de circulation dans la région d’Ouesso, dans le nord de la République du Congo, alors qu’il poursuivait son périple à vélo en direction du Cameroun, avec pour objectif final Rabat, au Maroc.
L’information a d’abord été confirmée par des sources officielles du gouvernement de la République démocratique du Congo. Ce samedi, l’Agence congolaise de presse (ACP) rapporte également la confirmation du décès par un membre de la famille de Miguel. Selon sa sœur aînée, Ornella Masaïsaï, les autorités avaient été alertées par leurs homologues du Congo-Brazzaville après la découverte d’une dépouille. Un passeport retrouvé à proximité aurait permis son identification.
Une terrible confusion avant la confirmation
Dans les premières heures qui ont suivi l’annonce du drame, l’incertitude s’est installée.
Des informations contradictoires ont circulé sur les réseaux sociaux, certains proches espérant encore que le cycliste était vivant.
La manager de Miguel, Mama Rameux Kavira Musivirwa, a notamment expliqué avoir échangé, dans la soirée, avec une personne qui se présentait comme Miguel et dont la voix ressemblait à celle du jeune cycliste. Cette personne avait affirmé être en vie.
Dans le même temps, un membre de l’équipe de Pedals for Peace chargé du suivi du périple était momentanément injoignable, compliquant les vérifications.
L’espoir a donc persisté jusqu’à ce que les informations provenant des autorités congolaises et les éléments recueillis autour de la dépouille viennent confirmer la terrible réalité.
Un accident sur la route du Cameroun
Les informations disponibles situent le drame dans la région d’Ouesso, sur l’axe conduisant vers la frontière camerounaise. Des sources locales évoquent plus précisément la localité de Kabos, à environ neuf kilomètres de Ntam.
Selon les informations rapportées par plusieurs médias, Miguel aurait rencontré une difficulté mécanique avec son vélo et aurait sollicité l’aide d’un taxi pour rejoindre un endroit où il pourrait effectuer une réparation et poursuivre son parcours.
Le véhicule aurait ensuite été impliqué dans un accident.
Des sources locales indiquent que plusieurs personnes se trouvaient à bord et que les occupants auraient péri dans le drame. Les circonstances précises de l’accident restent toutefois à établir et doivent encore être clarifiées par les autorités compétentes.
La dépouille de Miguel a été annoncée comme conservée à la morgue d’Ouesso, tandis que les démarches sont engagées pour son rapatriement en République démocratique du Congo.
De Goma à Kinshasa : un voyage de 14 000 kilomètres
Miguel Masaïsaï avait lancé son projet « Pedals for Peace » le 1er mai 2026 à Goma.
Son ambition était de relier Goma à Rabat, au Maroc, à vélo, sur un parcours d’environ 14 000 kilomètres à travers plusieurs pays africains.
Après avoir traversé la RDC d’est en ouest, il avait atteint Kinshasa le 5 août, après plus de 6 500 kilomètres parcourus. Il avait ensuite repris la route le 6 septembre en direction du Congo-Brazzaville. Son parcours l’avait conduit notamment par Brazzaville, Gamboma et Oyo.
Le 14 septembre, il se trouvait encore à Oyo, où il venait d’achever sa 71ᵉ étape. Il avait alors parcouru 98 kilomètres entre Gamboma et Oyo, malgré plusieurs difficultés mécaniques et les conditions éprouvantes du parcours.
Quelques jours plus tard, son aventure s’est brutalement arrêtée.
Pédaler pour la paix
Au-delà du défi sportif, Pedals for Peace était conçu comme un projet de sensibilisation.
Miguel voulait utiliser son parcours pour porter un message de paix, d’unité et de solidarité, notamment en faveur des populations de l’Est de la RDC.
Arrivé à Kinshasa, il avait présenté son initiative et porté son plaidoyer auprès des autorités et de différentes communautés. Radio Okapi avait alors rapporté que son périple devait le conduire de Goma jusqu’à Rabat, avec la paix dans l’Est de la RDC au cœur de son message.
Son voyage n’était d’ailleurs pas son premier grand défi cycliste. En 2025, Miguel avait déjà effectué une longue traversée entre Goma et Cape Town, en Afrique du Sud, en passant notamment par le Rwanda, la Tanzanie, la Zambie, le Botswana et la Namibie.
Un rêve interrompu, un message qui demeure
Miguel Masaïsaï n’atteindra jamais Rabat avec son vélo.
Son itinéraire s’est arrêté à Ouesso, loin de sa ville natale et de ceux qui l’attendaient.
Mais le message qu’il avait choisi de porter ne s’arrête pas nécessairement avec lui.
Il avait choisi un moyen simple pour faire entendre une ambition immense : pédaler pour la paix.
À travers son parcours, il avait voulu montrer qu’un jeune Congolais pouvait traverser les frontières avec un vélo et un message plutôt qu’avec la violence.
Aujourd’hui, son vélo s’est arrêté.
Mais son histoire demeure
À sa famille, à ses proches, à sa manager Mama Rameux Kavira Musivirwa, à ses compagnons de route, à la communauté cycliste et à tous ceux qui ont soutenu son projet, La Cloche RDC adresse ses sincères condoléances.
Miguel Masaïsaï est parti sur la route.
Son vélo s’est arrêté. Son message, lui, continuera de rouler.
La Cloche AGENCY RDC
