
Plus de trois mois d’attaques, de braquages et d’inquiétude, mais toujours pas de solution durable : le député national Jean-Marc Mambidi Koloboro, élu du territoire de Watsa, hausse le ton. Dans une interview exclusive accordée à Laclocherdc.net ce Mercredi 23 septembre 2026, il condamne fermement ce qu’il qualifie de silence des autorités politico-administratives face à la persistance de l’insécurité à Durba, de la cité administrative de watsa ainsi que ses environs et appelle la population à rester mobilisée.
À Durba, l’insécurité s’installe dans la durée. Depuis le mois de juin 2026, plusieurs incidents armés ont été rapportés dans différents quartiers de cette cité minière : attaques nocturnes, braquages, agressions et attaques visant notamment des activités commerciales.
Parmi les faits les plus marquants figurent l’attaque de Kin-Labas au début du mois de juillet, le braquage de la station OIL GEN ayant fait trois blessés, ainsi que le meurtre d’un négociant d’or fin juillet. Début septembre, un nouveau braquage au marché central avait provoqué la fermeture temporaire de plusieurs commerces en signe de protestation.
Mambidi : « Trois mois d’alertes, mais toujours pas de réponse à la hauteur »
C’est dans ce contexte que Jean-Marc Mambidi Koloboro sort de son silence.Dans son entretien exclusif avec La Cloche RDC, l’élu de Watsa dénonce avec fermeté la persistance de ces actes criminels et s’interroge sur la réponse apportée par les autorités politico-administratives.
Pour lui, la répétition des incidents ne peut plus être considérée comme une succession de faits isolés. Elle traduit, selon son analyse, une situation qui exige des mesures sécuritaires plus efficaces, coordonnées et durables.
« Depuis trois mois, notre population vit dans la peur. Les alertes se multiplient, les actes d’insécurité se répètent, mais la population attend toujours une réponse à la hauteur de la situation », déplore-t-il.
Le député estime que la protection des personnes et de leurs biens doit demeurer une priorité, particulièrement dans une cité où l’activité économique repose largement sur le commerce et l’exploitation de l’or.
« Que la population reste vigilante et continue à dénoncer »
Face à cette situation, Mambidi Koloboro adresse également un message direct aux habitants de Durba et de l’ensemble du territoire de Watsa.
Il les appelle à ne pas céder à la peur, mais plutôt à renforcer la vigilance dans les quartiers et à poursuivre la collaboration avec les services compétents.
« Je demande à notre population de rester vigilante et de continuer à dénoncer tout mouvement suspect. Il faut signaler, alerter et collaborer avec les services de sécurité. La population ne doit pas se taire face à l’insécurité », insiste l’élu national.
Cet appel intervient alors que les autorités ont déjà pris certaines mesures, notamment l’instauration du couvre-feu et le renforcement des patrouilles.
Des personnes présentées comme des présumés criminels ont également été interpellées et présentées à la presse à Durba début septembre.
Mais pour l’élu de Watsa, les mesures ponctuelles ne sauraient suffire si elles ne s’inscrivent pas dans une stratégie durable de sécurisation.
Un appel à l’action des autorités
Mambidi Koloboro plaide ainsi pour une réponse qui ne se limite pas aux interventions après les attaques.Il appelle à renforcer la présence des forces de sécurité, améliorer le renseignement de proximité, assurer une meilleure mobilité des unités et garantir une intervention rapide dans les zones considérées comme sensibles.
La question des moyens des services de sécurité constitue d’ailleurs l’une des préoccupations régulièrement soulevées par les acteurs locaux. Des responsables de la PNC ont eux-mêmes évoqué des difficultés liées aux effectifs, à la mobilité et à la couverture sécuritaire de certaines zones.
Pour le député, la population doit pouvoir vaquer à ses occupations sans vivre dans la crainte permanente d’une attaque.
Durba face à une attente devenue pressante
Depuis juin, la succession des incidents a progressivement transformé la question sécuritaire en une préoccupation majeure pour les habitants, les opérateurs économiques et les différentes composantes de la société locale.
La fermeture temporaire du marché central au début du mois de septembre avait d’ailleurs illustré les conséquences économiques de cette situation.
En interpellant publiquement les autorités, Jean-Marc Mambidi Koloboro entend ainsi faire résonner les préoccupations de sa base au-delà de Durba.
Trois mois après les premières alertes, le message de l’élu est désormais clair : la population veut pouvoir vivre et travailler en sécurité, tandis que les autorités sont attendues sur des réponses concrètes, durables et à la hauteur des inquiétudes exprimées sur le terrain.
Gloire Vyavu
