
Un agriculteur a été abattu jeudi 30 avril 2026 en territoire de Mambasa (Ituri), par des combattants présumés des ADF, pour avoir refusé de s’acquitter d’un « jeton » imposé illégalement à la population locale. L’information est rapportée par Me Jospin Paluku MbowA, coordonnateur de la Nouvelle société civile congolaise (NSCC), qui dénonce une détérioration rapide de la sécurité dans la chefferie de Babila Bakwanza.
Une présence rebelle persistante et inquiétante
Selon la NSCC, des éléments ADF circuleraient librement depuis plus d’une semaine dans le groupement Bakwanza. Cette présence prolongée, sans intervention visible des forces de sécurité, alimente la peur au sein des communautés rurales, déjà exposées aux exactions récurrentes. Me Jospin Paluku fustige une « léthargie » des services compétents malgré plusieurs alertes, alors que la zone demeure hautement volatile.
Un symbole troublant au bord de la rivière Ituri
Par ailleurs, un drapeau présumé appartenant aux ADF aurait été aperçu au bord de la rivière Ituri. Bien que son authenticité ne soit pas encore formellement établie, la société civile appelle les autorités à prendre cette alerte au sérieux, y voyant un possible signe d’occupation ou de démonstration de force des groupes armés dans cette partie du territoire.
Fiscalité locale : fin des prélèvements abusifs
Dans un autre registre, l’Inspection provinciale des finances de l’Ituri a interdit, depuis le 30 avril, la perception des frais de 10 % jusque-là exigés par certaines autorités locales lors des transactions foncières. La Direction générale des recettes de la province de l’Ituri (DGRPI) confirme que seul un taux légal de 3 % doit désormais être appliqué et versé aux services habilités. La NSCC appelle la population à résister à toute forme d’escroquerie et à dénoncer les abus.
Cet assassinat illustre la double vulnérabilité des populations de Mambasa, prises en étau entre la pression violente des groupes armés et les pratiques illégales de certains circuits locaux. L’absence d’une réponse sécuritaire efficace et coordonnée risque d’accentuer l’emprise des ADF et d’éroder davantage l’autorité de l’État. Face à cette situation, l’urgence s’impose : restaurer la sécurité, rétablir la confiance institutionnelle et assainir la gouvernance locale pour éviter un basculement durable de la zone dans l’insécurité chronique.
Moise Musanzalire depuis Mambasa
