
Face aux sénateurs réunis ce jeudi 21 mai 2026, le ministre d’État en charge de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire, Muhindo Nzangi Butondo, a présenté les grandes lignes de la stratégie gouvernementale destinée à transformer l’agriculture congolaise en véritable moteur de développement national. Répondant à une question orale avec débat initiée par le sénateur Willy Itsundala Asang, le patron de l’Agriculture a défendu une vision articulée autour de cinq piliers : les semences, les fertilisants, la mécanisation, l’encadrement des agriculteurs ainsi que le stockage et la commercialisation.
Devant les élus des élus, le ministre a rappelé les immenses potentialités agricoles de la RDC, soutenant que le pays dispose des terres arables, d’une pluviométrie abondante et d’importantes ressources humaines capables de concrétiser la vision présidentielle de « la revanche du sol sur le sous-sol ».
Sur le volet des semences, Muhindo Nzangi a annoncé la réhabilitation de 26 Centres d’Appui d’Adaptation et de Production des Semences Agricoles (CAAPSA), appelés à redevenir les piliers de la production semencière nationale. Ces centres seront équipés notamment de laboratoires de sol, de stations météorologiques et d’infrastructures de maintenance pour les tracteurs destinés à la distribution des semences de qualité.
Concernant les fertilisants, le ministre a dénoncé l’absence de contrôle efficace ayant favorisé l’entrée sur le marché de produits de mauvaise qualité. Pour réduire la dépendance extérieure, il a révélé la signature d’un protocole avec l’Ukraine en vue de l’installation d’unités de production à Lubumbashi et au Nord-Kivu.
La mécanisation figure également parmi les priorités du gouvernement.
Le ministre a annoncé l’opérationnalisation prochaine d’usines de tracteurs à Kimpese, Lubumbashi et Butembo, ainsi que le déploiement des brigades de mécanisation agricole à travers le pays.
Abordant la production agricole, Muhindo Nzangi a expliqué que l’État entend désormais abandonner la production directe pour privilégier l’accompagnement des petits producteurs, des investisseurs privés et des grandes entreprises agricoles.
Une orientation qui tire les leçons des échecs passés, notamment celui du projet Bukanga-Lonzo. Le gouvernement ambitionne ainsi d’atteindre l’autosuffisance alimentaire dans les trois prochaines années afin de réduire drastiquement les importations de maïs, de riz, de haricots et de manioc.
Enfin, sur la question du stockage et de la commercialisation, le ministre a annoncé la mise en place prochaine d’une réserve stratégique nationale en collaboration avec la Présidence de la République.
À l’issue de l’exposé, plus de cent questions ont été adressées au ministre par les sénateurs, témoignant de l’importance stratégique accordée au secteur agricole. Les élus ont accordé un délai supplémentaire de 48 heures au membre du gouvernement afin de fournir des réponses techniques approfondies.
Au-delà des annonces, cette intervention marque surtout la volonté du gouvernement de repositionner l’agriculture au cœur de l’économie congolaise. Reste désormais le défi majeur de la concrétisation.
Car en RDC, les ambitions agricoles ont souvent buté sur le manque de financement, la faiblesse des infrastructures et l’instabilité des politiques publiques. Le pari de la révolution agricole ne se gagnera donc pas dans les discours, mais dans la capacité de l’État à transformer ces promesses en résultats visibles pour les agriculteurs et les ménages .
Avec la cellcom AGRISA
