
La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), coordination du Haut-Uélé, réagit aux accusations du député national Joseph Bangakya sur la gestion des fonds destinés à la sensibilisation communautaire contre Ebola. Son coordonnateur provincial, Tonny Mbikwa, appelle à privilégier les faits et les mécanismes institutionnels de vérification.
La polémique autour de la gestion des fonds affectés à la sensibilisation contre la maladie à virus Ebola prend de l’ampleur au Haut-Uélé. Après les déclarations du député national Joseph Bangakya, élu de Rungu, qui a demandé des éclaircissements sur l’utilisation de ces ressources, la Nouvelle Société civile congolaise monte au créneau.
Pour Tonny Mbikwa, coordonnateur provincial de la NSCC/Haut-Uélé, les prises de position de l’élu suscitent des réserves, particulièrement lorsqu’elles mettent en cause d’autres parlementaires de la province.
« Les propos de notre élu national Joseph Bangakya nous font mal au cœur quand il se donne le courage d’accuser ses collègues au niveau de l’Assemblée nationale », déplore Tonny Mbikwa.
La NSCC défend la présence des élus sur le terrain
L’organisation citoyenne affirme, par ailleurs, que plusieurs députés nationaux du Haut-Uélé ont participé aux activités de sensibilisation communautaire dans leurs circonscriptions, dans le contexte de la riposte contre Ebola.
Tonny Mbikwa estime que cette présence sur le terrain doit être prise en compte dans l’appréciation de la mission menée auprès des communautés.
« Ces députés se sont sacrifiés pour appeler la population locale au respect des mesures barrières pour stopper la chaîne de propagation de la maladie à virus Ebola », soutient-il.
Le coordonnateur provincial de la NSCC reproche toutefois à Joseph Bangakya de ne pas avoir pris part, selon lui, à ces activités de terrain dans sa circonscription.
« Notre frère Bangakya est resté à Kinshasa. Il a organisé des voyages dans le Haut-Katanga et en Europe. Depuis son élection, il ne s’est jamais présenté dans sa circonscription électorale », affirme Tonny Mbikwa.
Ces déclarations constituent toutefois la position de la NSCC et doivent être distinguées des faits qui peuvent être établis indépendamment.
Des accusations qui appellent des vérifications
À l’origine de cette controverse, Joseph Bangakya a dénoncé ce qu’il considère comme une utilisation irrégulière des ressources destinées à la sensibilisation contre Ebola. Il a notamment demandé que les instances compétentes puissent examiner la gestion de ces fonds.
Le député a également engagé des démarches institutionnelles auprès des instances de l’Assemblée nationale afin que la lumière soit faite sur le dossier.
De leur côté, les députés concernés, à travers leur caucus, ont rejeté les accusations rapportées dans ce dossier.
La question demeure donc ouverte et nécessite, au-delà des déclarations contradictoires, la présentation des pièces justificatives et la vérification des circuits de financement et d’utilisation des ressources.
La venue du ministre de la Santé attendue
Dans ce contexte, l’annonce d’une mission du ministre national de la Santé au Haut-Uélé pourrait constituer une étape importante pour clarifier les différents points de vue. Cette visite est annoncée alors que la province fait face à une situation épidémiologique préoccupante.
Pour la société civile, les éventuelles vérifications devront permettre de dissiper les malentendus et de rétablir la confiance autour de la riposte.
Une controverse qui dépasse les querelles politiques
Au-delà du différend entre acteurs politiques et citoyens, l’enjeu principal reste la transparence dans la gestion des ressources destinées à la lutte contre Ebola. Dans un contexte où la province compte plusieurs centaines de cas confirmés et où les autorités appellent à renforcer la sensibilisation, la confiance des communautés demeure un élément essentiel de la riposte.
La controverse actuelle gagnerait ainsi à quitter le terrain des accusations croisées pour celui des preuves, de la reddition des comptes et des vérifications institutionnelles. Car face à une urgence sanitaire, la transparence financière ne constitue pas seulement une exigence administrative : elle participe directement à la confiance nécessaire entre les autorités, les acteurs de la riposte et les communautés.
Elisée Katato
