
Alors que le couvre-feu vient d’être levé dans le territoire de Watsa et ses environs, le député national Jean-Marc Mambidi Koloboro élu de Watsa monte au créneau. Dans une interview exclusive accordée à laclocherdc.net, l’élu de Watsa dénonce une décision qu’il juge prématurée, estimant que cette mesure n’a pas permis d’apporter une réponse durable à l’insécurité qui frappe Durba depuis plusieurs mois.
Le couvre-feu instauré dans le territoire de Watsa a officiellement été levé à compter du 22 septembre 2026, selon une décision du Comité provincial de sécurité du Haut-Uélé.
Les autorités appellent toutefois la population à maintenir la vigilance et à continuer de collaborer avec les services de sécurité.Mais cette décision ne convainc pas le député national Jean-Marc Mambidi Koloboro.
Dans une interview exclusive accordée à La Cloche RDC ce Mercredi 23 Septembre, l’élu de Watsa estime que la levée du couvre-feu intervient alors que les préoccupations sécuritaires demeurent entières, particulièrement à Durba,Watsa et environs où plusieurs attaques et braquages ont été signalés depuis juin.
« Quel impact réel du couvre-feu ? »
Pour Mambidi Koloboro, la question essentielle n’est pas seulement celle de l’existence du couvre-feu, mais de son impact concret sur la sécurité de la population.
L’élu s’interroge ainsi sur le bilan réel de cette mesure au regard des attaques enregistrées avant et pendant sa mise en œuvre.
« Nous devons nous poser une question simple : quel a été l’impact réel du couvre-feu sur l’insécurité à Durba ? Si, pendant cette période, la population continuait à vivre dans la peur et que les actes criminels n’ont pas cessé, il faut tirer les conséquences et prendre des mesures beaucoup plus efficaces », déclare-t-il.
Cette position intervient dans un contexte où, avant même la levée de la mesure, des acteurs locaux avaient déjà soulevé des préoccupations sur les moyens dont disposent les forces de sécurité. Le 14 septembre, lors d’un échange à Durba avec le gouverneur Jean Bakomito, la jeunesse de Watsa avait notamment évoqué l’insuffisance des effectifs, le manque de moyens logistiques et le déficit d’armement dans certains sous-commissariats.
Trois mois d’insécurité, une réponse toujours attendue
Depuis juin, Durba a été confrontée à plusieurs incidents sécuritaires, notamment des attaques nocturnes et des braquages visant des habitations et des activités économiques.Le 4 septembre, les autorités avaient encore appelé les habitants à renforcer les mécanismes d’alerte communautaire face au banditisme armé, tout en annonçant la poursuite des patrouilles.
Pour Mambidi Koloboro, ces faits démontrent que la question fondamentale reste celle du renforcement durable du dispositif de sécurité, plutôt que la seule restriction des mouvements nocturnes.
« Le couvre-feu ne peut pas être une fin en soi. La population a besoin de sécurité, de présence effective des forces de l’ordre, de patrouilles, de renseignement et surtout d’une capacité d’intervention rapide lorsqu’un incident est signalé », soutient-il.
Un message fort à la population
Malgré son désaccord avec la levée du couvre-feu, le député invite les habitants de Durba à ne pas baisser la garde.
Il appelle la population à rester vigilante et à continuer de dénoncer les mouvements et comportements suspects auprès des services compétents.
« Je demande à notre population de rester extrêmement vigilante. La levée du couvre-feu ne signifie pas la fin de l’insécurité. Il faut continuer à dénoncer, à alerter et à collaborer avec les services de sécurité. C’est ensemble que nous pouvons contribuer à protéger nos communautés », lance-t-il.
Le député insiste toutefois sur la nécessité pour les citoyens de ne pas se substituer aux forces de défense et de sécurité et de privilégier les mécanismes d’alerte et de dénonciation.
Mambidi interpelle les autorités
Au-delà du couvre-feu, Jean-Marc Mambidi Koloboro interpelle directement les autorités politico-administratives et sécuritaires.Il demande que la levée de cette mesure soit accompagnée d’un renforcement effectif du dispositif sécuritaire, notamment dans les quartiers identifiés comme sensibles et autour des principaux pôles commerciaux de Durba.
Pour l’élu de Watsa, les autorités doivent également renforcer le renseignement de proximité, améliorer la mobilité des unités et assurer une présence sécuritaire suffisamment visible pour prévenir les attaques plutôt que d’intervenir uniquement après leur commission.
La décision de lever le couvre-feu rétablit désormais la libre circulation nocturne dans le territoire de Watsa, mais les autorités provinciales maintiennent l’appel à la vigilance.
Une levée qui ouvre une nouvelle phase
Pour Mambidi Koloboro, la levée du couvre-feu doit donc être considérée non pas comme la fin du problème sécuritaire, mais comme le début d’une nouvelle phase où les autorités devront démontrer leur capacité à garantir la sécurité sans recourir à une restriction générale des mouvements.
À Durba, après trois mois d’alertes, de braquages et d’inquiétudes, l’attente de la population reste la même : une sécurité effective, permanente et mesurable sur le terrain.
Pour Mambidi Koloboro, la levée du couvre-feu sans garanties sécuritaires supplémentaires risque de laisser entière la question fondamentale : comment protéger durablement les personnes et leurs biens ?
La redaction
